L’Atelier V2P sur les Vitrimères s’est tenu à l’École Nationale Supérieure des Arts et Métiers (ENSAM) le 7 décembre. Elle a réuni une centaine de personnes dont une moitié d’industriels. Cet Atelier a profité très largement de l’implication de François Tournilhac et Renaud Nicolaÿ du laboratoire Matière molle et chimie, UMR 7167 CNRS, de l’École Supérieure de Physique et de Chimie Industrielles de la Ville de Paris. (ESPCI).

Cet atelier animé par Jean-Pierre Vairon a réuni les conférenciers suivants :

  • Ludwik Leibler qui a présenté de manière très pédagogique le concept de vitrimère en insistant sur le caractère échangeable et non pas réversibles des liaisons. Une démonstration chorégraphique mettant à contribution nos collègues de l’Université de Gand a illustré ce concept. Un premier développement industriel des vitrimères par SABIC  a été mentionné pour permettre la réalisation de connecteurs électroniques en PBT à meilleure tenue en température.
  • Eric Drockenmuller de l’IMP Lyon partant de la « click chemistry » et du rôle des cycles triazoles nous a présenté des vitrimères par transalkylation.
  • Filip Du Prez de l’Université de Gand nous a fait une prestation polyglotte sur des plateformes vitrimères sans catalyseurs mais pas seulement. Un focus a été porté sur la métathèse des disulfures et la transalkylation des sels de sulfonium. A également été abordée l’utilisation de la chimie des vitrimères dans la réalisation des «préimprégnés secs ».

Un buffet fort sympathique a réuni les participants.

L’après midi a repris par :

  • Une présentation par François Tournilhac (ESPCI) du concept des vitrimères dans la chimie des époxys et des polyesters avec le jeu très spécifique des catalyseurs d’extension et des catalyseurs de réticulation.
  • Renaud Nicolaÿ (ESPCI) a fait ressortir le rôle des esters boroniques qui permettent la création de vitrimères en utilisant des copolyméres avec des monomères eux-mêmes modifiés par des esters boriques ou des polymères modifiés en introduisant des esters boriques sur la chaine principale, conduisant ainsi à un concept généralisable. Une application directe a été montrée grâce à un greffage sur un PEHD.

La fin d’après midi a été consacrée à une table ronde animée par Bertrand Fillon de l’Institut des Plastiques et Composites (IPC). Ont participé à cette table ronde Christian Piechocki d’Olin, Elise Dubost de Plastic Omnium et Stéphane Delalande de PSA ainsi que deux des conférenciers, Eric Drockenmuller et François Tournilhac. Chacun des industriels a montré l’intérêt que pourrait présenter les vitrimères pour leurs applications. La partie collage est ressortie comme importante. Une première approche technologique serait de cibler des marchés qui peuvent s’offrir cetype de produits pour de nouvelles applications. En effet l’approche de substitution de matériaux existants sera peut être moins évidente si la différence de prix marché reste importante. Il faut noter que l’avantage des vitrimères est qu’ils permettent de réaliser des produits à partir de polymères existants (PEHD, PS, PET, PBT,…) par une opération qui conduit vers des propriétés vitrimères. La conclusion a été que, compte tenu de leur état de maturité actuelle, le développement des vitrimères passera par des projets collaboratifs réunissant universitaires, industriels concepteurs des produits et industriels utilisateurs.

On notera que cet « atelier », fort réussi, se trouve être le premier séminaire public (au monde) sur ce sujet des Vitrimères.