Après cinq années de travaux, le laboratoire de recherches et de contrôle du caoutchouc et des plastiques (LRCCP) a officialisé la fin du projet Bioproof. Initié en 2013, ce programme visait à sécuriser l’approvisionnement en matières premières de la filière caoutchouc afin d’en assurer sa compétitivité à long terme.

D’un budget total de 4,6 M€, Bioproof a réuni un panel de PME, ETI et de grands groupes du secteur caoutchoutier : EJFM, Emac, Geficca, ITC Elastomères, KSB, Sacred, Hutchinson et Michelin. Ainsi, ce projet a exploré deux principaux axes de recherche. D’une part, la voie biosourcée selon laquelle des constituants des formulations de caoutchouc peuvent être substitués par des produits issus de ressources renouvelables : amidon, cellulose, lignine, huiles végétales, etc. Le deuxième volet de R&D de Bioproof concerne l’usage de produits recyclés en tant que matière première secondaire. Ces éléments peuvent notamment provenir de produits en fin de vie ou de rebuts de production. A ce propos, le projet avait fait un point d’étape sur la faisabilité technique en 2016, ce qui a permis de déterminer la possibilité d’incorporer des constituants biosourcés à la place de composés synthétiques pour produire du caoutchouc.

Des résultats encourageants pour verdir la filière

Le programme a ainsi permis de tester plus d’une centaine de matières avec l’aide d’une quarantaine de fournisseurs. Ce qui a permis d’arriver à plusieurs conclusions. Tout d’abord, le caoutchouc dévulcanisé et régénéré issus de pneumatiques usagés peut être incorporé à hauteur de 10 % sans perturber les propriété du matériau. Les pneus en fin de vie peuvent également servir à la fabrication de noir de carbone recyclé. Ce composé pouvant être raisonnablement incorporé à hauteur de 40 % aidant à améliorer les propriétés rhéologiques. Quant au noir de carbone biosourcé, il permet d’améliorer la conductivité thermique ou électrique des matériaux. Il reste cependant onéreux, mais un couplage avec du noir de carbone traditionnel peut permettre de réduire le coût d’usage. Ensuite, l’usage d’huiles végétales en guise de plastifiants est une approche prometteuse, car elle offre une performance équivalente voire améliorée comparée à des huiles fossiles. Il reste cependant à régler les inconvénients de compatibilité avec l’élastomère, le comportement thermique et la faiblesse de masse molaire. Sur la base des avancées effectuées, les industriels participant au projet vont poursuivre de leur côté les développements et les tests de produits pour leurs applications propres. En matière de perspectives, le LRCCP envisage de monter un projet au niveau européen avec pour but d’améliorer les techniques de recyclage du caoutchouc industriel et des pneumatiques. Il réfléchit également à la création d’un label, à apposer sur les formules de caoutchouc biosourcés, recyclées ou intégrant un mélange de composés recyclés et biosourcés.

Source : http://formule-verte.com/caoutchouc-biosource-cloture-du-projet-de-rd-bioproof/