Ces chercheurs voulaient mettre au point un matériau susceptible d’être mis en mouvement par simple irradiation par de la lumière. Et c’est en travaillant avec des composites élastomères qu’ils y sont parvenus.

Dans la nature, le phénomène n’est pas rare. Fleurs et feuilles ont l’habitude de bouger en fonction de la lumière qu’elles reçoivent du Soleil. Mais imaginons un instant des panneaux solaires qui suivraient ainsi la course de l’astre du jour. Peut-être cela pourra-t-il bientôt devenir possible grâce à ce nouveau matériau développé par des chercheurs de la Tufts University (États-Unis).

Leur idée : exploiter un phénomène connu qui veut que certains matériaux perdent leurs propriétés magnétiques lorsqu’on les chauffe au-dessus d’une température appelée température de Curie. Les biopolymères – ici la fibroïne de soie – et les élastomères – ici le polydimethylsiloxane (PDMS) – dopés avec du CrO2 ferromagnétique chauffent lorsqu’on les expose à la lumière. Lorsqu’ils se refroidissent, ils retrouvent leurs propriétés magnétiques. Si des électro-aimants sont placés à proximité, il est ainsi possible d’induire une flexion, une torsion ou une dilatation des matériaux.

Un moteur actionné par la lumière

Et les chercheurs de la Tufts University ne se sont pas arrêtés là. Ils ont créé à partir de leur matériau, ce qu’ils ont appelé un « moteur de Curie ». Une bague de ce matériau a été montée sur une tige et un aimant permanent a été placé à proximité. Un laser a alors focalisé un point de l’anneau, le démagnétisant localement et initiant une rotation de la bague. Une rotation qui a exposé à la lumière du laser, un autre point de la bague, le démagnétisant localement, etc.

Pour produire des mouvements plus compliqués encore, il suffira, selon les chercheurs, de jouer avec les formes des objets à manipuler, les sources de lumière et les champs magnétiques.

Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/physique-ces-composites-elastomeres-bougent-sous-effet-lumiere-6088/