Nées aux États-Unis dans les années 1930 avec l’essor des polymères acryliques et renforcées par les pénuries de matériaux pendant la Seconde Guerre mondiale, les chaises en plastique se sont imposées comme symboles de modernité et de démocratisation du design. Les premières créations en fibre de verre de Charles et Ray Eames ou d’Eero Saarinen ont marqué l’âge d’or des années 1950-60, mêlant formes futuristes et surfaces brillantes, rendues possibles par la mise en œuvre de polymères thermodurcissables. Mais la crise pétrolière des années 1970 a révélé la dépendance de ces matériaux aux hydrocarbures, tandis que la fragilité des premiers plastiques ternissait leur image. L’injection de polymères thermoplastiques comme le polypropylène dans les années 1990 a relancé la tendance, mais les limites du recyclage mécanique ont rapidement souligné l’impact écologique massif : à peine 9 % des 8,3 milliards de tonnes de plastiques produits en 2020 ont réellement été recyclés. Aujourd’hui, designers et industriels explorent des alternatives intégrant des plastiques recyclés ou biosourcés (plantes, algues, CO₂), comme la Bell Chair de Magis fabriquée à partir de 2,8 kg de déchets plastiques. Pourtant, le mélange de fibres et de polymères rend encore le recyclage incertain. L’avenir de la chaise en plastique repose sur une transition accélérée vers des polymères entièrement renouvelables et une véritable économie circulaire, conciliant design, fonctionnalité et durabilité.
https://phys.org/news/2025-07-futuristic-icon-environmental-villain-year.html