Une synthèse critique des récentes avancées technologiques met en exergue le potentiel disruptif des polymères à empreinte moléculaire pour le développement de la prochaine génération de dispositifs de diagnostic portables. S’affranchissant de la fragilité inhérente aux récepteurs biologiques enzymatiques ou anticorpaux, cette approche repose sur l’élaboration de matrices synthétiques biomimétiques, obtenues par la co-polymérisation de monomères fonctionnels autour d’une molécule cible servant de gabarit. L’architecture macromoléculaire résultante, une fois débarrassée de son empreinte, révèle des cavités tridimensionnelles de haute affinité, capables de capturer sélectivement des acides aminés spécifiques au sein de fluides biologiques complexes tels que la sueur. L’intégration de ces récepteurs artificiels à des transducteurs électrochimiques permet de convertir l’événement de reconnaissance moléculaire en un signal électrique quantifiable, offrant une sensibilité remarquable et une stabilité physico-chimique supérieure face aux fluctuations environnementales. Cette convergence entre la chimie des matériaux et l’électronique flexible ouvre des perspectives considérables pour la médecine personnalisée, permettant le déploiement de capteurs textiles ou épidermiques pour le suivi en temps réel de biomarqueurs métaboliques critiques ou le dépistage précoce de pathologies systémiques sans effraction cutanée.