Une nouvelle approche en ingénierie des matériaux composites a permis le développement d’un élastomère photo-actif inédit, capable de générer un rayonnement ultraviolet profond (UVC) de manière totalement autonome sous l’effet d’une déformation physique. Cette architecture hybride repose sur l’intégration synergique de luminophores inorganiques à base de borate de strontium au sein d’une matrice souple de polydiméthylsiloxane (PDMS), dont la réticulation a été optimisée pour maximiser la surface de contact interne. Le cœur de l’innovation réside dans le pilotage fin de l’interface organique-inorganique : lors de l’étirement, la friction intime entre les chaînes macromoléculaires hydrophobes et les charges minérales déclenche un mécanisme de triboélectrification efficace, induisant un transfert d’électrons qui excite les centres optiques sans aucune source d’énergie externe. Ce réseau polymère se distingue par une recouvrance élastique rapide et une résistance exceptionnelle à la fatigue, conservant ses propriétés de transduction mécano-optique sur des cycles de sollicitation extrêmement longs sans dégradation de la matrice. En brisant le verrou technologique limitant la mécano-luminescence au spectre visible, cette formulation ouvre des perspectives industrielles majeures pour la photonique sans batterie, notamment dans le cryptage optique sécurisé dit « solar-blind » et les surfaces polymères auto-stérilisantes activées par le mouvement.