Une étude récente met en lumière une stratégie avancée de valorisation des granulats de béton recyclés, visant à surmonter les limitations inhérentes à leur porosité élevée et à la friabilité de leurs interfaces. En imprégnant ces matériaux granulaires d’un système polymère thermodurcissable de type époxy, le procédé permet de générer un réseau réticulé tridimensionnel qui pénètre profondément les microfissures et scelle la surface des particules. Cette modification physico-chimique favorise une interaction intime entre les chaînes macromoléculaires du polymère et les hydrates de la matrice cimentaire, consolidant ainsi la zone de transition interfaciale (ITZ), traditionnellement considérée comme le maillon faible des composites cimentaires. L’analyse microscopique révèle une densification marquée de la microstructure et une réduction significative des défauts interstitiels, ce qui se traduit macroscopiquement par une augmentation notable de la résistance à la compression et à la traction, dépassant parfois celle des bétons à granulats naturels. Au-delà de la simple restauration des propriétés mécaniques, cette hybridation organo-minérale ouvre la voie à une ingénierie circulaire des matériaux de construction, rendant viable l’intégration massive de déchets inertes dans des structures porteuses durables.
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