Une avancée significative en catalyse hétérogène met en lumière le potentiel inédit du carbure de tungstène en tant qu’alternative économiquement viable et abondante aux métaux précieux pour la valorisation chimique des polymères en fin de vie. Grâce à une maîtrise fine de la synthèse par carburation à température programmée, des chercheurs ont réussi à isoler et stabiliser sélectivement la phase métastable $\beta$-W₂C à l’échelle nanométrique, surmontant ainsi la complexité polymorphique inhérente à ce matériau. Cette architecture cristalline spécifique confère au catalyseur une dualité fonctionnelle métallique et acide, idéale pour l’hydrocraquage des chaînes polyoléfiniques encombrantes comme le polypropylène, qui saturent habituellement les sites microporeux des catalyseurs conventionnels à base de platine. L’absence de contraintes stériques majeures à la surface du carbure de tungstène permet une interaction directe avec les macromolécules, catalysant leur scission en précurseurs pétrochimiques valorisables avec une efficacité cinétique supérieure d’un ordre de grandeur à celle des standards actuels. Cette rupture technologique ouvre la voie à des procédés de recyclage chimique plus robustes et moins onéreux, capables de traiter des flux de plastiques contaminés tout en s’affranchissant de la dépendance critique aux platinoides.

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