Une étude récente met en lumière les mécanismes par lesquels des solutions de poloxamères, excipients thermosensibles couramment mobilisés pour la gélification in situ, basculent d’un état fluide injectable vers un gel stable au contact du corps. En s’appuyant sur des mélanges de poloxamer 407 (P407) et de poloxamer 188 (P188), le travail relie explicitement l’auto-assemblage moléculaire à l’émergence de propriétés rhéologiques macroscopiques : l’évolution depuis des chaînes isolées vers des micelles, puis leur empilement en organisations ordonnées de type réseau micellaire densifié, est corrélée aux signatures calorimétriques et à la montée de rigidité associée à la transition sol–gel. Le rôle de P188 apparaît ambivalent et fortement dépendant de sa proportion : à faible teneur, il perturbe le compactage de P407, déplaçant la gélification vers des conditions plus exigeantes; à l’inverse, lorsqu’il devient prépondérant, il concurrence l’hydratation de P407, accélère sa déshydratation et favorise la nucléation de micelles fines, dont le sur-empilement induit une gélification plus facile. Cette compréhension mécanistique dépasse l’optimisation empirique des formulations et ouvre la voie à des gels à gélification prédictible pour des systèmes de libération prolongée en thérapeutiques localisées, avec des prolongements crédibles vers les cosmétiques, l’alimentaire et des matériaux fonctionnels sensibles à la température.

https://phys.org/news/2026-01-smart-polymer-solutions-transition-gels.html