Une étude récente met en lumière l’ampleur du fardeau sanitaire et environnemental associé aux substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS), dont l’inertie et la persistance prolongée déplacent la charge financière vers l’ensemble de la collectivité. En s’appuyant sur des données actualisées et une méthodologie affinée, l’analyse propose une estimation volontairement prudente, car elle ne couvre qu’un nombre restreint de PFAS déjà encadrés parmi une famille beaucoup plus vaste ; l’impact réel est donc vraisemblablement sous-apprécié. Les coûts identifiés proviennent de trajectoires d’exposition menant à des pathologies, de la dépollution de sols et d’eaux contaminés, ainsi que de perturbations de services écosystémiques essentiels. Or, du fait d’une rémanence sur de longues durées dans l’organisme et l’environnement, l’inaction ancre ces dépenses dans le temps, tandis qu’une réduction des rejets à la source apparaît nettement plus efficiente que le seul traitement aval des eaux, jugé particulièrement onéreux. Le rapport souligne aussi la vulnérabilité spécifique des nouveau-nés, des enfants, des riverains de sites contaminés et des travailleurs exposés, et inscrit ces constats dans une trajectoire de durcissement progressif : interdictions ciblées (PFOS, PFOA, PFHxS), restriction de PFHxA dans divers produits de consommation, encadrement des mousses anti-incendie, surveillance des PFAS dans l’eau potable et évaluation d’une restriction plus générale. Cette lecture pousse l’industrie à accélérer la reformulation des revêtements et traitements de surface, et à sécuriser des alternatives « PFAS-free » sans compromis fonctionnel.

https://www.specialchem.com/plastics/news/eu-report-highlights-massive-long-term-costs-of-pfas-pollution