Des travaux récents mettent en exergue une singularité mécanistique au sein des conducteurs mixtes organiques ioniques-électroniques, remettant en cause le paradigme selon lequel le dopage électrochimique induit invariablement un gonflement volumique de la matrice hôte. En étudiant le comportement d’un polymère à structure en échelle de type n (BBL) soumis à une injection de charges, cette recherche révèle qu’à haute densité de dopage, l’utilisation de cations protiques engendre une contraction paradoxale de l’épaisseur et de la masse du film. Ce phénomène de dégonflement résulte d’une interaction supramoléculaire spécifique où la formation d’un réseau dense de liaisons hydrogène entre les cations et les motifs carbonyle ou imine du squelette macromoléculaire supplante l’énergie de solvatation classique. Cette reconfiguration thermodynamique force une expulsion massive des molécules d’eau interstitielles, contrairement aux électrolytes aprotiques qui maintiennent une hydratation constante. Sur le plan physico-chimique, cette déshydratation sélective corrèle avec une localisation accrue des porteurs de charge et une modulation de la mobilité à courte portée, influençant directement la réponse électronique du matériau. Cette maîtrise fine de l’architecture fluide et structurelle offre des débouchés industriels prometteurs, allant de la stabilisation cyclique des composants bioélectroniques à l’ingénierie de métasurfaces optiques dynamiques exploitant la variation d’indice de réfraction.

https://www.nature.com/articles/s41563-025-02478-2