Une étude récente démontre qu’il est possible de métamorphoser le fluorure de polyvinylidène (PVDF) standard, classiquement inerte sur le plan électrocalorique, en un matériau de refroidissement actif ultra-performant. En soumettant ce polymère ferroélectrique commun à un procédé de moulage sous pression en phase solide, les chercheurs ont induit une fragmentation sévère des domaines cristallins, générant une population dense de nanograins de phase bêta à l’état relaxé. Cette architecture singulière permet de déverrouiller une réponse thermique géante, alimentée par la synergie entre les fluctuations d’entropie d’orientation des chaînes macromoléculaires — oscillant réversiblement entre des états cristallins lâches et compacts — et la bascule rapide des dipôles polaires au sein des domaines confinés. Contrairement aux terpolymères coûteux habituellement requis pour obtenir de telles propriétés, cette approche parvient à maintenir cette performance sur une large plage thermique opérationnelle. Par conséquent, cette valorisation inattendue d’un plastique de grande commodité ouvre la voie au déploiement massif de technologies de réfrigération à l’état solide, à la fois économiques, éco-efficientes et exemptes de gaz à effet de serre.