Une nouvelle approche permet de surmonter les limitations synthétiques historiques associées à la copolymérisation par ouverture de cycle des époxydes acidosensibles, tels que l’oxyde de styrène, avec l’anhydride phtalique. En déployant un système catalytique couplant un acide de Lewis organoboré à une base phosphazène stériquement encombrée, cette stratégie inhibe efficacement le réarrangement de Meinwald, un processus d’isomérisation parasite auto-entretenu par les impuretés acides qui restreignait jusqu’alors la croissance des chaînes. Ce contrôle chimiosélectif rigoureux autorise l’obtention de polyesters aromatiques présentant des masses molaires exceptionnelles et une distribution étroite, traduisant une architecture macromoléculaire homogène. Les matériaux résultants manifestent des propriétés thermomécaniques de premier plan, notamment une rigidité élevée et une stabilité thermique comparable aux standards des résines polystyrène, tout en conservant une processabilité thermoplastique aisée. Parallèlement à ces attributs structuraux, l’étude démontre la circularité intégrale de ces polymères, qui peuvent subir une dépolymérisation chimique quasi-quantitative catalysée par des acides, régénérant ainsi les monomères constitutifs pour un nouveau cycle de vie. Cette innovation offre une alternative crédible et durable aux polyoléfines conventionnelles, réconciliant haute performance et recyclabilité chimique dans le domaine des plastiques de commodité.
https://www.nature.com/articles/s41467-026-69201-w