Des chercheurs ont démontré que la phase vitreuse des semi-conducteurs polymère, longtemps perçue comme un résidu structural passif, constitue en réalité un levier de conception fondamental pour ajuster leurs performances optoélectroniques. En utilisant le poly(9,9-di-n-octylfluorenyl-2,7-diyl) comme système modèle, cette étude établit que le contrôle rigoureux des cinétiques de vitrification et la sélection stratégique du précurseur liquide, notamment par le passage d’un fondu isotrope à une mésophase nématique, permettent de dicter l’état thermodynamique final du matériau. Une telle manipulation de l’architecture macromoléculaire conduit à l’obtention de températures fictives réduites et d’une densification notable de la matrice, sans nécessiter de modification de la structure chimique intrinsèque. Ces variations de l’état physique induisent un décalage bathochrome systématique de la bande de photoluminescence principale, phénomène résultant de l’élévation de l’indice de réfraction et d’une modification des interactions électroniques au sein des domaines désordonnés. Parallèlement, l’intervention de mécanismes de relaxation secondaires, persistant bien au-delà de la relaxation alpha coopérative, favorise l’atteinte d’états d’équilibre thermodynamique particulièrement profonds. Cette approche novatrice redéfinit les relations entre procédé, structure et propriétés au sein des semi-conducteurs polymère, offrant des débouchés technologiques majeurs pour la stabilisation et l’optimisation du rendement des diodes électroluminescentes organiques et des architectures photovoltaïques de nouvelle génération.

https://www.nature.com/articles/s41467-026-70115-w