Cette étude présente une approche intégrée exploitant le carbone inorganique dissous dans l’eau de mer comme nouvelle ressource pour la production durable de monomères biosourcés. En combinant une étape électrochimique de capture et de réduction du CO₂ avec une conversion biologique réalisée par des micro-organismes, le système transforme directement le carbone océanique en acides organiques utiles à la synthèse de bioplastiques. L’utilisation d’un catalyseur au bismuth permet une réduction sélective du CO₂ en acide formique, ensuite métabolisé par Vibrio natriegens pour produire de l’acide succinique, un intermédiaire clé des polyesters biodégradables. Ce couplage entre électrochimie et biocatalyse contourne les contraintes énergétiques et les faibles concentrations de carbone typiques du milieu océanique tout en maintenant la compatibilité avec des procédés à grande échelle. En s’appuyant sur des sources d’électricité renouvelable, cette stratégie illustre la possibilité d’une valorisation directe du puits de carbone marin, ouvrant la voie à une filière circulaire reliant capture de CO₂, synthèse de monomères et production de polymères biosourcés à faible empreinte carbone.