Une étude récente bouleverse les certitudes sur la stabilité chimique des contenants alimentaires en révélant un mécanisme d’érosion interfaciale insoupçonné, capable de générer des microplastiques sans apport énergétique externe. Ce phénomène repose sur la dynamique complexe de la ligne triple de contact entre la surface hydrophobe du polymère, le liquide et les microbulles de gaz naturellement présentes dans l’eau du robinet. Lors des phases de nucléation et de croissance sur les défauts de surface micrométriques, les bulles exercent des contraintes de cisaillement localisées intenses, induites par le déséquilibre des tensions superficielles. Cette sollicitation mécanique répétée entraîne un fluage progressif des chaînes macromoléculaires amorphes, qui s’accumulent sous forme de bourrelets circulaires périphériques avant de se fracturer sous l’effet de la fatigue. Contrairement aux modes de dégradation classiques par abrasion mécanique ou photo-oxydation UV, cette fragmentation « froide » produit des particules de morphologie annulaire spécifique, témoignant d’une extraction de matière pilotée par la physique des interfaces. Cette découverte majeure force l’industrie à repenser la topographie de surface des résines thermoplastiques pour limiter les sites de nucléation et préserver l’intégrité sanitaire des fluides, redéfinissant ainsi les cahiers des charges pour les grades polymères en contact alimentaire.
https://phys.org/news/2026-01-microbubbles-microplastics.html