L’Union européenne revoit à la baisse ses objectifs de contenu recyclé dans les véhicules, reconnaissant les limites actuelles de la chaîne d’approvisionnement en matière de disponibilité et de traitement des plastiques automobiles. Le projet initial imposait un minimum de 25 % de plastiques recyclés dans les véhicules, dont un quart issu de véhicules hors d’usage (VHU). Désormais, le seuil global est abaissé à 20 %, avec 15 % provenant des VHU. Ce recul souligne les obstacles logistiques, économiques et techniques rencontrés par les constructeurs, malgré une volonté affirmée d’augmenter la circularité des matériaux.
Les plastiques recyclés de qualité automobile, notamment les polypropylènes, polyéthylènes et polyamides, restent rares. La majorité des plastiques récupérés est actuellement déclassée ou incinérée, faute d’une collecte et d’un tri adaptés. Les coûts élevés du recyclage mécanique ou chimique et la faible compétitivité des plastiques biosourcés complexifient l’équation économique. La situation est aggravée par la volatilité des prix du pétrole, qui conditionne la compétitivité des alternatives durables. Pour progresser, les industriels doivent repenser la conception des pièces afin de faciliter leur recyclage, adopter des systèmes en boucle fermée, et renforcer les partenariats avec les recycleurs et les démanteleurs.
Certains constructeurs, comme Nissan, BMW, Renault ou Stellantis, initient des démarches de récupération et de réintégration des plastiques en boucle courte. En parallèle, les fournisseurs de matériaux tels que BASF ou Covestro investissent dans des polymères plus durables et adaptés aux performances exigées par le secteur. Malgré l’assouplissement réglementaire, la transformation de la filière plastique automobile reste une priorité stratégique pour répondre aux ambitions environnementales européennes.