L’analyse systémique des chaînes de valeur polymériques met en lumière la mutation critique imposée à l’écosystème manufacturier européen, confronté à une obsolescence programmée de ses paradigmes historiques. Or, la synthèse conventionnelle de matrices macromoléculaires, profondément ancrée dans l’exploitation intensive des ressources fossiles, se heurte désormais à des impératifs environnementaux et toxicologiques drastiques. La dissémination délétère de fractions microplastiques et l’accumulation de déchets récalcitrants au sein de la biosphère exigent une refonte intégrale des procédés de polymérisation et de fin de vie. Parallèlement, l’hégémonie de résines d’importation à faible coût contraint les synthétiseurs continentaux à une restructuration capacitaire sévère pour préserver l’intégrité de leurs infrastructures. À l’inverse d’une simple contraction défensive, cette transition catalysée par l’urgence écologique stimule le développement d’innovations de rupture dans le domaine du recyclage chimique et mécanique, visant à restaurer les propriétés thermomécaniques initiales des thermoplastiques dégradés. Toutefois, la viabilité de cette boucle de valorisation en circuit fermé requiert le déploiement d’un cadre réglementaire hautement compétitif, apte à amortir le choc énergétique inhérent aux nouvelles voies de dépolymérisation. L’optimisation stratégique de ces architectures de production, couplée à une relocalisation ciblée des résines de spécialité, ouvre la voie à une industrie souveraine. Cette ingénierie de résilience viabilise ainsi l’émergence d’une plasturgie éco-conçue, capable de concilier hautes performances structurales et neutralité carbone, tout en sécurisant l’approvisionnement des filières technologiques de pointe.