Une étude récente met en lumière une stratégie de revêtement destinée à lever le compromis classique entre performance barrière et fin de vie des papiers d’emballage. L’approche repose sur une émulsion de Pickering huile-dans-eau dont la stabilité est assurée par des nanoparticules de lignine amphiphiles, adsorbées de façon robuste à l’interface, évitant le recours à des tensioactifs de synthèse. La phase aqueuse contient un polymère filmogène hydrophile, le poly(alcool vinylique) (PVA), qui densifie la couche par un réseau de liaisons hydrogène et renforce simultanément la cohésion mécanique ainsi que la résistance aux corps gras, tandis qu’un acide gras biosourcé, l’acide stéarique, constitue la phase hydrophobe et confère une forte déperlance. Déposée sur le substrat cellulosique, l’émulsion colmate la porosité et forme un film continu, compact et synergique, améliorant nettement la tenue à l’eau, l’anti-graissage et la résistance en milieu humide. À l’inverse des papiers laminés, la couche reste compatible avec un recyclage par repulpage à l’eau chaude : le PVA se solubilise, l’acide gras se redisperse et les nanoparticules se libèrent, permettant une récupération propre des fibres. La biodégradation en sol est également rapportée comme effective sur une échelle de temps courte, avec un intérêt direct pour l’emballage alimentaire, où la maîtrise des transferts de vapeur d’eau contribue à préserver la fraîcheur, ouvrant la voie à des alternatives industrialisables aux enductions plastiques.
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