Une étude récente met en lumière l’émergence de propriétés électromagnétiques exotiques au sein de composites à matrice polyéthylène, obtenus grâce à une architecture de réseau ségrégé rigoureusement contrôlée. En confinant les charges conductrices aux interfaces des granules de polymère plutôt que de les disperser de manière homogène dans le volume, les chercheurs ont réussi à induire une réponse de type métamatériau, caractérisée par une permittivité et une perméabilité simultanément négatives dans le domaine des hyperfréquences. Ce comportement singulier, décrit par le modèle de Drude, résulte des oscillations de plasma des électrons libres circulant le long du squelette conducteur continu formé par la percolation des particules. Parallèlement, cette configuration topologique maximise la conductivité électrique tout en engendrant des pertes diélectriques notables, attribuables aux courants de fuite intrinsèques au réseau interconnecté. En conséquence, cette stratégie de structuration spatiale offre une voie prometteuse pour l’élaboration de matériaux légers et flexibles destinés au blindage électromagnétique avancé ou à la conception de dispositifs d’invisibilité radar, contournant ainsi la complexité de fabrication des structures résonantes artificielles traditionnelles.