Une avancée significative dans l’ingénierie des interfaces souples dévoile une stratégie de synthèse photochimique inédite permettant de contourner la cinétique limitante de l’auto-oxydation des catéchols, verrou historique restreignant l’usage industriel de la polydopamine. En concevant une architecture moléculaire basée sur un précurseur dopaminergique photolabile activé par un complexe métallique, les chercheurs ont réussi à orchestrer une double polymérisation orthogonale simultanée : la génération in situ des motifs adhésifs s’opère concomitamment à la réticulation radicalaire de la matrice hydrogel, le tout sous une simple irradiation lumineuse visible. Cette synchronisation réactionnelle, qui s’affranchit des phénomènes classiques d’inhibition radicalaire, permet l’élaboration quasi instantanée de réseaux interpénétrés denses où la phase adhésive est dispersée de manière homogène, évitant ainsi les agrégats structurels typiques des procédés conventionnels. Le matériau hybride résultant conjugue une ténacité mécanique élevée à une capacité d’adhésion immédiate et robuste en milieu immergé, efficace sur une vaste gamme de topographies, des tissus biologiques mous aux substrats inorganiques rigides. Au-delà de la prouesse synthétique, ce procédé compatible avec les technologies d’impression 3D ouvre des perspectives majeures pour la fabrication additive de bioélectronique flexible et de dispositifs médicaux implantables, garantissant une continuité électrique et mécanique stable sous contraintes dynamiques.