Des travaux pionniers révèlent la viabilité d’une architecture macromoléculaire unidimensionnelle élaborée via une stratégie inédite de polymérisation photochimique dirigée par matrice supramoléculaire. Afin de structurer ces édifices, le procédé exploite la synergie entre des liaisons hydrogène et des liaisons halogène pour pré-aligner rigoureusement des monomères diacétyléniques à cœur triphénylamine. Cette coopérativité thermodynamique dicte la formation d’empilements ordonnés qui évoluent spontanément vers une morphologie fibrillaire allongée. Or, une irradiation ultraviolette ciblée déclenche ensuite la réticulation topochimique axiale des motifs réactifs, figeant l’assemblage transitoire en un squelette poly(diacétylène) continu. Parallèlement, un clivage acido-basique sélectif autorise l’élimination de la matrice sacrificielle tout en préservant l’intégrité structurale du réseau covalent nouvellement formé, libérant ainsi des nanofibres autoportantes. Cette transition topologique exalte les propriétés optoélectroniques du matériau, induisant un déplacement bathochrome prononcé de l’émission de fluorescence consécutif à l’extension de la conjugaison. Toutefois, le confinement stérique imposé lors de la synthèse entrave toute diffusion aléatoire, garantissant une rigidité conformationnelle exceptionnelle. À l’inverse des polymérisations latérales classiques, l’intégration intime d’une auto-organisation réversible et d’une fixation irréversible assure un transport de charges unidimensionnel optimisé. La maîtrise de cette dynamique architecturale ouvre des débouchés technologiques immédiats pour la fabrication rationnelle de matériaux semi-conducteurs organiques, indispensables à l’ingénierie des dispositifs photovoltaïques et des capteurs photoniques de haute précision.

https://www.nature.com/articles/s41467-026-70114-x