Introduction

La Commission IUPAC sur la nomenclature macromoléculaire a publié trois documents [1–3] sur la nomenclature dérivée des précurseurs des polymères qui permettent de nommer la plupart des polymères, à l’exception des réseaux. La Commission a aussi publié deux documents [4,5] sur la nomenclature dérivée des précurseurs des copolymères linéaires et des polymères non linéaires. En général, les noms dérivés des précurseurs sont plus simples et moins rigoureux que les noms systématiques.

Cependant, il y a des cas où la simplicité de la nomenclature dérivée des précurseurs conduit à des noms ambigus. Par exemple, la condensation d’un dianhydride (A) avec une diamine (B) donne d’abord un polyamide-acide qui peut par cyclisation donner un polyimide; cependant, selon la nomenclature dérivée des précurseurs, les deux produits ont le même nom poly(A-alt-B). Si le nom de la catégorie du polymère “amide-acide” ou “imide” est inclus dans le nom, la différentiation est facile. Même dans les cas où un seul produit est formé, l’emploi du nom de la catégorie (nom générique) peut aider à éclairer sur la structure du polymère, spécialement lorsque celle-ci est complexe.

Il existe également des exemples de noms ambigus pour les homopolymères. Le nom “polybutadiène” dérivé du précurseur du polymère n’indique pas si la structure est 1,2-, 1,4-cis- ou 1,4-trans-; la distinction entre ces possibilités demande une information supplémentaire.

L’objectif de ce document est d’introduire un système de nomenclature générique résolvant ces problèmes et conduisant à des noms dérivés des précurseurs plus explicites. La plupart des noms triviaux, comme « polystyrène », sont des noms dérivés des précurseurs. Jusqu’ici, la Commission n’a pas recommandé systématiquement les noms dérivés des précurseurs pour les homopolymères car les noms systématiques relèvent d’une rigueur plus appropriée aux communications scientifiques. Cependant, malgré la publication de la “Nomenclature des polymères organiques monocaténaires » en 1976, les scientifiques industriels et académiques ont continué à utiliser les noms triviaux. La Commission elle-même a, du fait de sa simplicité et de son côté pratique, adopté (1985) une nomenclature dérivée des précurseurs des copolymères. La Commission a alors décidé de recommander la nomenclature dérivée des précurseurs comme nomenclature alternative officielle pour les homopolymères. Ce document énonce les règles permettant de former les noms (génériques) dérivés des précurseurs des homopolymères. ceci entraîne, pour la plupart des homopolymères l’existence à la fois, de noms systématiques et de noms dérivés des précurseurs.

Les noms de monomères dans les noms dérivés des précurseurs des polymères seront de préférences issus de la nomenclature systématique mais pourront être des noms triviaux lorsqu’ils sont bien établis par l’usage. Les noms des groupements organiques, partie de l’unité constitutive de répétition (CRU) dans les noms systématiques sont ceux reposant sur les principes de la nomenclature organique et recommandés par « A Guide to IUPAC Nomenclature of Organic Compounds » paru en 1993 [6].