Une étude récente met en lumière une méthodologie novatrice exploitant la réactivité intrinsèque des méchanoradicaux générés lors du broyage de polymères pour transformer des déchets plastiques en précurseurs macromoléculaires de haute valeur. Contrairement aux approches conventionnelles où les scissions de chaîne induites par cisaillement mécanique sont considérées comme une dégradation irréversible, cette approche valorise la rupture homolytique du squelette carboné en interceptant in situ les macroradicaux formés par un agent de transfert de type trithiocarbonate. Ce procédé mécanochimique, opérant en l’absence totale de solvant, permet la fonctionnalisation terminale immédiate des fragments de polymère, générant des chaînes téléchéliques réactives parfaitement définies. Cette modification de l’architecture macromoléculaire ouvre la voie à une dualité fonctionnelle inédite : elle autorise soit la synthèse de copolymères à blocs par extension de chaîne pour l’élaboration de matériaux avancés, soit une dépolymérisation catalytique permettant un retour quasi-quantitatif au monomère vierge. En métamorphosant les contraintes destructrices du recyclage mécanique en leviers de synthèse contrôlée, cette technologie offre une perspective industrielle robuste pour l’économie circulaire des résines vinyliques, alliant valorisation matière et sobriété procèdérale.
https://www.nature.com/articles/s42004-026-01931-w