La récente décision de l’administration Trump d’étendre les tarifs douaniers de 50 % sur les produits dérivés de l’acier et de l’aluminium, incluant notamment les moules d’injection, de soufflage et de compression utilisés dans la plasturgie, plonge l’industrie européenne dans l’incertitude. Alors que la Commission européenne défend l’accord de stabilité à 15 %, les équipementiers et constructeurs de machines, fortement représentés par le VDMA, dénoncent une distorsion de concurrence majeure.
En pratique, près de 30 % des importations de machines européennes vers les États-Unis sont désormais soumises à ces tarifs prohibitifs, un poids insoutenable pour de nombreuses PME. Pour la plasturgie, cela se traduit par un renchérissement direct des moules et équipements, mais aussi par une fragilisation de la compétitivité globale de la chaîne de valeur, de la conception à la production de pièces plastiques.
À quelques semaines du salon K 2025 à Düsseldorf, le VDMA alerte sur le risque de pertes d’emplois et appelle à une renégociation urgente afin que les machines-outils et équipements de transformation soient clairement exclus des surtaxes. L’association rappelle que ses membres jouent un rôle clé dans la transition circulaire, en développant des technologies capables de recycler et valoriser les plastiques.
Cette crise illustre à quel point la politique commerciale internationale peut freiner l’innovation durable dans la plasturgie européenne. Sans exemption claire, le risque est réel de voir un pan essentiel de l’industrie basculer dans une crise existentielle, alors même qu’il porte les ambitions de circularité et d’efficacité énergétique mises en avant à K 2025.