Une étude récente met en lumière une source de biais analytique susceptible d’altérer l’évaluation des microplastiques dans les échantillons environnementaux, en montrant que les gants nitrile et latex couramment utilisés au laboratoire peuvent déposer sur les supports de prélèvement des particules de stéarates. Le problème tient au fait que ces sels, introduits lors de la fabrication des gants pour faciliter leur démoulage, présentent des signatures visuelles et structurales proches de celles de certains fragments plastiques, au point de générer des faux positifs lors des observations microscopiques et des analyses spectroscopiques. Les chercheurs ont reproduit des contacts représentatifs des manipulations de routine sur filtres, lames et autres surfaces d’analyse, puis comparé plusieurs familles de gants afin d’évaluer l’ampleur du transfert particulaire. Ils montrent ainsi que la contamination ne relève pas d’un artefact marginal, mais d’un mécanisme suffisamment marqué pour conduire à une surestimation des teneurs mesurées. L’étude souligne toutefois que des stratégies correctives existent, qu’il s’agisse de recourir à des gants de salle blanche, moins chargés en additifs particulaires, ou d’affiner les traitements analytiques pour distinguer les stéarates des véritables débris plastiques. Cette avancée a une portée méthodologique directe pour la fiabilité des protocoles de surveillance et la robustesse des jeux de données sur la pollution microplastique.

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