Une nouvelle approche permet de réorienter des déchets plastiques locaux vers la formulation d’enrobés routiers adaptés au contexte hawaïen, en associant valorisation matière, performance d’usage et vigilance environnementale. Le principe repose sur l’incorporation de polyéthylène recyclé, issu à la fois de filets de pêche abandonnés et de déchets ménagers, dans le liant bitumineux d’un asphalte modifié par polymère, selon une logique où la phase fondue se disperse dans la matrice avant l’enrobage des granulats. L’enjeu scientifique ne se limite pas à substituer une ressource vierge : il consiste aussi à vérifier que cette architecture composite conserve les propriétés recherchées en chaussée tout en n’aggravant pas les émissions particulaires liées à l’usure. Les premiers essais sur route et les analyses menées sur les poussières ainsi que sur des écoulements simulés indiquent que les sections contenant du polyéthylène recyclé ne relarguent pas davantage de microplastiques que les revêtements de référence fondés sur un copolymère styrène-butadiène-styrène. Les auteurs soulignent en outre que l’usure des pneumatiques domine largement le signal particulaire observé, ce qui recontextualise le rôle propre du revêtement. Cette stratégie ouvre ainsi une perspective industrielle crédible pour des infrastructures routières à plus forte circularité dans les territoires insulaires confrontés à des flux de déchets difficiles à traiter.
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