Des chercheurs ont proposé une voie de valorisation du polyéthylène usagé qui s’écarte nettement des schémas de pyrolyse les plus lourds en s’appuyant sur un bain de sels fondus à base de chlorure d’aluminium, jouant à la fois le rôle de milieu réactionnel et de site catalytique. L’intérêt scientifique du procédé réside dans la simplification de l’environnement réactionnel : la coupure des longues chaînes carbonées ne nécessite ni catalyseur noble, ni solvant organique, ni apport extérieur d’hydrogène, ce qui modifie en profondeur l’économie de la transformation. Les auteurs attribuent l’efficacité du système à la formation de sites acides de Lewis fortement actifs, capables de promouvoir la fragmentation sélective des chaînes et de stabiliser les intermédiaires carbenium dans un milieu ionique dense. Cette lecture est importante, car elle relie directement la structure du sel fondu à la distribution finale des coupes hydrocarbonées et donne un cadre mécanistique plus solide à une technologie souvent présentée seulement sous l’angle du rendement. À l’échelle industrielle, la portée est double : réduire la sévérité opératoire par rapport aux procédés thermiques classiques, et offrir une voie plus simple pour convertir des flux abondants de polyéthylène en produits liquides à plus forte valeur d’usage.