Une étude récente met en lumière le rôle ambigu des grillons domestiques tropicaux (Gryllodes sigillatus) dans le cycle de vie des polluants synthétiques, révélant leur capacité à ingérer indifféremment des microplastiques de polyéthylène mélangés à leur alimentation. Contrairement à une simple bioaccumulation passive, les chercheurs ont observé que ces insectes généralistes, incapables de distinguer le polymère de la matière organique, opèrent une transformation physique active du matériau ingéré : le processus digestif conduit à la fragmentation mécanique des microparticules en nanoplastiques, une fraction granulométrique nettement plus nocive pour les écosystèmes. Ce phénomène de comminution biologique, dont l’efficacité varie en fonction de l’ontogénie de l’insecte et de la taille de son appareil buccal, suggère que l’entomofaune pourrait accélérer involontairement la dispersion de contaminants ultrafins dans l’environnement. Toutefois, l’absence d’impact notable sur la croissance des spécimens exposés indique une tolérance physiologique surprenante, positionnant ces organismes comme des vecteurs potentiels de transformation des déchets plastiques, bien que le bilan environnemental de cette dégradation partielle reste complexe à évaluer.

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