Une mutation systémique de l’industrie des matériaux polymères se dessine, caractérisée par l’abandon du modèle monolithique au profit d’une stratégie technologique plurielle alliant circularité avancée et rationalisation des usages. Cette transition repose premièrement sur le déploiement de procédés de recyclage chimique, tels que la pyrolyse ou la dépolymérisation sélective, permettant de scinder les chaînes macromoléculaires de déchets complexes pour recouvrer des intrants de haute pureté, là où la valorisation mécanique atteint ses asymptotes techniques. Concomitamment, la science des composites évolue vers l’adoption prépondérante de matrices thermoplastiques réformables et l’intégration de renforts naturels, facilitant ainsi le retraitement en fin de vie tout en maintenant des performances mécaniques élevées pour l’allègement des structures. Au-delà de la reformulation matérielle, l’approche du « juste usage » impose une rigueur nouvelle dans l’écoconception, visant une adéquation stricte entre fonctionnalité et consommation de matière pour endiguer la pollution à la source, notamment la dispersion de microplastiques. Cette synergie entre innovation chimique, optimisation structurelle et sobriété conceptuelle constitue le socle d’une résilience industrielle accrue, indispensable pour pérenniser les applications plasturgiques dans un cadre réglementaire environnemental exigeant.