Des chercheurs ont mis au jour une classe de matériaux polymères qui déjoue un principe empirique des solides vitreux, selon lequel une mise en forme aisée s’accompagne généralement d’une fragilisation. Le matériau, baptisé « compleximer », se travaille à chaud par déformation et remodelage à la manière du verre, tout en conservant une résistance aux chocs typique des plastiques, et il se prête en outre à une réparation simple par réactivation thermique. Cette combinaison provient d’une architecture supramoléculaire inhabituelle : au lieu d’être « verrouillées » par des liaisons covalentes de réticulation, les chaînes sont associées par des forces attractives à plus longue portée, issues de l’assemblage électrostatique entre segments porteurs de charges opposées, analogues à des micro-aimants. La comparaison avec d’autres systèmes chargés, notamment des familles proches des liquides ioniques, suggère l’existence d’un régime de relaxation et de vitrification distinct, où l’espacement interchaînes et le volume libre effectif deviennent des paramètres structurants ; une hypothèse avancée est que ces attractions moins contraintes laissent davantage d’espace entre chaînes qu’un réseau covalent classique, ce qui reconfigure la relation entre cinétique de relaxation et ténacité. Au-delà de l’enjeu fondamental, cette approche ouvre des débouchés industriels vers des pièces facilement formables, réparables et potentiellement plus durables, avec une marge de manœuvre pour développer des variantes biosourcées.

https://phys.org/news/2026-02-compleximer-plastic-glass-impact-resistance.html