Des chercheurs ont déchiffré, à partir de simulations moléculaires longues et d’une analyse par sonification, la manière dont l’eau gouverne l’effondrement conformationnel de poly(N-isopropylacrylamide) en solution aqueuse. Ce polymère thermoréactif, soluble à basse température puis précipitant lorsqu’il devient plus hydrophobe à température plus élevée, sert de plateforme à des matériaux « intelligents », mais la contribution exacte du solvant restait difficile à isoler tant le réseau de liaisons hydrogène se reconfigure sans cesse. En attribuant des signatures sonores distinctes aux différents motifs de liaison, l’équipe montre que la contraction ne s’organise pas principalement par contacts directs entre segments de chaîne : elle est au contraire orchestrée par des « ponts d’eau », où une molécule d’eau relie deux régions de PNIPAM par liaisons hydrogène et impose une topologie transitoire, corrélée et collective. Parallèlement, une interaction locale atypique, impliquant l’alignement de liaisons N–H, accompagne la structuration des segments latéraux. Cette lecture, qui replace le solvant au cœur de l’architecture dynamique du polymère, fournit des règles de conception plus fines pour ajuster réversibilité, cinétique et sélectivité de réponse dans des hydrogels, capteurs et dispositifs biomédicaux fondés sur des transitions coil-globule pilotées par la solvatation.
https://phys.org/news/2026-02-polymers-collapse-bridges.html