Le recyclage des matières plastiques est devenu aujourd’hui une problématique de première importance. Il permet notamment de réduire l’empreinte carbone des matériaux polymères et de lutter contre la pollution plastique. De plus, il peut être moteur de création d’emploi, puisque de nombreux secteurs industriels ont vocation à introduire une part de polymères recyclables dans leurs produits.
Le recyclage ou la valorisation des matières plastiques en fin de vie se font aujourd’hui de manière majoritaire par incinération, voie mécanique ou par différents types de dépolymérisations. L’incinération produit des gaz à effet de serre et des composés toxiques pour l’homme et l’environnement. Le recyclage mécanique des polymères conduit à une diminution de la masse molaire et à une chute des propriétés d’usage. On utilise d’ailleurs le terme décyclage ou « downcycling » en anglais. Le recyclage par dépolymérisation est une voie intéressante. Si l’on prend le cas des polyesters, qu’il soit chimique ou enzymatique, il permet de retrouver les masses molaires et les propriétés initiales du polymère après repolymérisation.
Cependant, ces stratégies ne peuvent pas mettre fin à la crise environnementale actuelle associée aux plastiques anthropiques. Des analyses de scénarios montrent en effet que la mise en œuvre des solutions les plus drastiques dans les prochaines années sur la base de connaissances et technologies disponibles à l’heure actuelle ne pourront pas conduire à la gestion de l’ensemble des déchets plastiques produits.
Le surcyclage, également appelé « upcycling » en anglais, pourrait apporter des éléments de solution à ce problème. Il s’agit de la transformation de déchets plastiques en produits à haute valeur ajoutée. Nous avons dans ce domaine développé une approche de surcyclage de déchets plastiques en polymères de spécialités via le projet SURCYPOL (2023-2025) financé par la région Hauts-de-France dans le cadre du dispositif Economie Circulaire et Nouveaux Modèles de Développement.